MON P'TIT TOUR DE QUAI

 




Quand nous arrivons à Etel, nous ouvrons les volets, remettons la maison en état de marche, le chauffage démarre, c'est toujours le point d'interrogation et, en général d'exclamation, ouais...une fois de plus!, bref, à peine tout çà que çà commence déjà à démanger...mon tour de quai...t'as plus besoin de moi? je n'attends pas la réponse, me voilà parti!
Je tourne à droite, rue Émile James vers la Garenne, non sans avoir bien regardé à gauche parce que la rue est sans trottoir et la voiture est désormais souveraine.
Que je vous dise tout de suite, j'invite à mon p'tit tour tous les "t'es étellois" - particulièrement ceux qui sont très loin - à passer ce moment avec moi, il fait beau, un peu de fraîcheur de bon aloi, nous voilà partis.
Avant de prendre la rue Théodore Botrel, je vous remontre cette plante qui s'est acclimatée et qui m'intrigue sur le mur de la propriété James, Émile James, le créateur de l'école de pêche [voir l'article de Bernard du 1er novembre 2016 dans "recherche" du groupe].
Nous descendons la rue, bordée autrefois des usines Amieux, Chemin etc..
Arrivés à l'avenue Louis Bougo, qui longe le port jusqu'à la criée, tournons encore à droite jusqu'à Square Habitat pour prendre le dernier escalier qui mène au port de plaisance: ne connaissant pratiquement rien en bateaux, je regarde toujours du côté où hiverne la "Louise" dont les trajets nordiques font rêver, Thierry Dubois et, avant lui, Paul-Émile Victor et autres explorateurs que nous avons connus grâce à la télévision...
Au bout du parking, premier regard, l'autre côté, chez moi, même si je ne les vois pas, le presbytère, la chapelle Saint Guénin, l'école de la Sainte Famille, mon village...bon, bon, pas de provoc' il n'est pas "du bon côté" par rapport à Etel, un point, c'est tout..
Je longe le port de plaisance, je vous l'ai dit, c'est pas mon truc, passons devant la capitainerie, le restaurant "La Chaloupe", l'ancien café Morvant où les équipages "réglaient" leur marée, si la marée avait été bonne, on s'attardait un peu, quand on était enfant, on vous donnait la pièce....
Tiens, nous allons longer la façade de la criée..., regard sur la cale du passeur pour aller...là-bas... ont-ils ajouté de nouvelles photos? géniale cette exposition permanente et, je pense, renouvelée, à les commenter, j'en ai appris des choses à mes petits enfants...vaguement médusés et un peu soupçonneux de la véracité des explications du papy...
Et là...nos champs élysées...bien que barré comme un édifice en danger d'effondrement, nous sommes sur le quai, oui, nous sommes à Etel, nous sommes chez nous, et on marche, humant le vent, bien sûr, je vais arriver au bout...et je vais encore regarder là-bas au fond, Mané Véchen, Mané Jouan, Le vieux passage...bref!
Le Magoire, Magouër, oui, nous pouvons parler parce que vue indissociable du quai, presque toutes les vieilles photos d'Etel représentent en fond le Magoire plus qu'Etel elle-même. C'est une vue magnifique, en fait une vue de rêve, un décor, sur mon profil quand je me suis inscrit, j'ai joint "naturellement" une photo de là-bas.
Maintenant, retour, on regarde à tribord...le chantier, le "slip" où les bateaux se refaisaient une beauté lors des "réparations", moment où les marins se reposaient un peu à terre, moments de retrouvailles, d'invitations à des "cafés" [moments privilégiés que d'autres pourraient peut-être raconter], bonheur de voir un peu son père....malgré d'être dans une pension lointaine.
Après, bien sûr, l'inévitable "cimetière" des bateaux et, surtout, de celui qui n'a ja-jamais, jamais navigué, oh hé, oh hé!...mauvais bois, pas passé à Véritas et que sais-je, bref, un petit cimetière qui n'est pas près d'être enterré ou ensablé plutôt.
Et l'appontement? pour nous, gamins, monter dessus et plonger, l'histoire, il faudrait attendre Bernard pour nous l'avoir déjà contée, cette histoire!
La barre...quand on se promène sur le quai, elle est trop loin, on cherche à entrevoir les brisants, voir si elle est "en croix" mais çà n'est pas là, il faut aller carrément à la barre pour çà...oui....hé bien continuons, passons devant "Le Nohic", l'actuel bateau de sauvetage, hommage permanent et perpétuel à ses marins, sentiments de fierté et de communauté, puis, le Méaban, vedette de promenade où j'ai appris, accompagné d'amis, que mes ancêtres de l'aut'côté étaient des cacous, des lépreux dont il fallait rester éloignés, hé ben, j'en ai appris des choses ce jour là, et du coup, mes amis avaient légère tendance à ne pas rester trop près de moi!! Ya des jours où il vaudrait mieux rester à Etel, pays de gens sains et propres sur eux, comme il se doit.
Bien entendu, à notre gauche, la criée, j'ai entendu dire qu'elle n'a pas "senti le poisson bien longtemps", des mauvaises langues, bien sûr, personnellement, je n'ai aucun souvenir d'une criée pleine de "palanquées de poisson"...
La Place, les trois cafés, le chat qui pêche, le chantier, le mat'l'eau, trois institutions, une bonheur d'y boire un bon demi ou autre en fin d'après midi, oui, un bonheur.
La vieille criée que, malgré sa transformation, on considère encore comme une criée, cette magnifique estacade, c'est mon point de vue [dans tous les sens du terme], là aussi, je m'arrête et là, je regarde la mer couler dans un sens ou dans l'autre, avec "chime" [écume...plutôt sale] ou sans "chime".
Nous laissons la coop qui nous propose aujourd'hui autres choses bien plus avenantes que les premières coop qui sentaient le goudron et le cachou, après...les canapés d'époque de chez luz, bar à huîtres & autres, cafetier bien original avec terrasse en premières loges, l'abri du canot de sauvetage et ce mécanisme de sortie du bateau qui nous impressionnait tant, enfants....
Bon, aujourd'hui, je ne vais pas plus loin, habituellement, je contourne la piscine, je m'arrête à la table d'orientation de la pointe Pradic ou proche pour revoir les oiseaux sur la céramique que je ne me souviens pas avoir vus avant, quant aux poissons et coquillages, ok, je connais.
Non, je ne vais pas plus loin, il nous faut nous concentrer sur le "canal historique", alors, ne refaisons pas le chemin inverse, tiens, j'ai du pain à prendre, un "banc de sable" s'il vous plaît, la grande rue avec en bas l'historique bar breton, remontons devant l'ancien cinéma le Rex, le bien connu bistrot à thon, la pizzéria qui fait de bonnes pizzas [petites filles, dixit], rue de l'Yser, rue Pasteur, haut de la rue de la Fontaine, encore un peu de montée, nous voilà arrivés, le repas mijote, j'arrive...."tu boirais pas quelque chose?" non sans avoir invité les amis qui m'auront accompagnés!!